Le journaliste et la médecine naturelle

Pourquoi ils nous en veulent autant
Notre époque est championne, on le sait, de la lutte contre les discriminations, les haines et les oppressions. Mais il y a une catégorie de personnes qu’on peut caricaturer, dénigrer sans aucun risque. Des personnes qui ne bénéficient jamais du moindre mouvement de solidarité politique ni médiatique. Ces personnes, c’est nous, les partisans de la santé naturelle et des médecines douces.
Haro sur le collier d’ambre Je termine un article du Figaro Santé sur les colliers d’ambre, une tradition innocente s’il en est. [1] La journaliste en parle comme s’il s’agissait d’un fléau qui risquerait de décimer les populations. Les parents qui mettent des colliers d’ambre à leurs enfants ne sont pas seulement, explique-t-elle, des benêts, des ennemis de la Science, des religieux, des obscurantistes. Non, ça ne suffit pas : il faut suggérer que ce sont aussi des assassins en puissance. Oui, des assassins. Sous quel prétexte ? Sous prétexte que les enfants risquent de mourir d’étranglement à cause des colliers. Peu lui importe que le chiffre qu’elle cite (30 morts par an) ne concerne pas spécifiquement les colliers d’ambre portés pour des raisons de santé. Il s’agit du nombre indicatif de morts par tous types de colliers confondus, incluant les adultes. Elle n’avance pas de preuve que, ces quarante dernières années, un seul enfant serait mort par étranglement par collier d’ambre. Mais cela n’empêche pas les sarcasmes, l’acrimonie, le mépris, à toutes les lignes.
Sus aux bracelets en cuivre, aux bourgeons et à l’homéopathie Et cela n’est rien à côté des articles qui démolissent les personnes portant des bracelets en cuivre, accablent celles qui se soignent avec des pierres ou des bourgeons, et ridiculisent l’homéopathie. Quant aux articles sur les vaccins, vous connaissez la musique (militaire) : on n’est plus dans le journalisme, mais dans la vocifération, les appels à l’incarcération, aux persécutions et, n’en doutons pas, bientôt à l’élimination (qui a d’ailleurs déjà commencé sur Internet et sur les réseaux sociaux qui occultent les articles pour ne laisser apparaître que ceux qui correspondent à ce que souhaitent les Autorités). Bref, quand il s’agit de la santé naturelle, le droit à la libre expression, au respect, le droit d’exister, le droit d’aller et venir librement tant qu’on ne fait pas de mal aux autres, n’existent plus. Les Droits de l’Homme ne s’appliquent plus. Tout cela bien sûr au nom du Bien, de la Science, du Progrès technique qui, c’est évident, nous rendent si heureux et en si bonne santé. Beaucoup d’incompétence scientifique Les journalistes qui signent ces articles ne sont, à de rares exceptions près, ni scientifiques, ni médecins, ni connaisseurs à aucun titre des sujets de santé qu’ils couvrent. Et c’est sans doute cela qui explique leur ton de certitude, leur rapidité à condamner. Ils ne savent pas de quoi ils parlent. Ils n’ont pas passé leur vie à soigner des gens. Ils n’ont pas observé tous les phénomènes bizarres de guérisons qui marquent la vie des médecins. Ils ont une foi aveugle dans les études scientifiques parce qu’ils n’ont pas lu l’étude de Pr Ioannidis qui a montré que la majorité des résultats de recherche publiés dans les revues scientifiques sont biaisés. [2] Ils n’ont aucune idée des difficultés, des bidouillages, des problèmes complexes auxquels sont confrontés les chercheurs, qui se heurtent constamment à l’infinie diversité, et instabilité, des êtres humains, ce qui rend les études cliniques si difficiles, et donc les résultats toujours provisoires. Rien pour remplacer les traitements qu’ils interdisent ? Rien n’est plus facile et exaltant que de passer l’ensemble des traditions médicales au feu purificateur de la Science. – “Pas d’étude pour ce traitement, cette plante ? – Hop, interdit C’est leur méthode pour discréditer de nombreuses pratiques, comme l’ostéopathie, la lithothérapie, la gemmothérapie ; pour interdire des professions comme les herboristes ou les homéopathes ; pour supprimer des compléments nutritionnels ; pour fermer des laboratoires, condamner des médecins déviants. En toute bonne conscience, persuadés d’agir pour le Progrès, ils enlèvent aux populations leurs colliers, leurs bracelets, leurs granules, leurs crèmes, leurs onguents… Ils leur interdisent les remèdes de leurs ancêtres. Ils combattent les flacons d’huiles essentielles. Bientôt, ils interdiront l’acupuncture aux Chinois (manque de preuves !) et l’Ayurveda aux Indiens. Et par quoi les remplacent-ils ? Par rien. “- Contentez-vous des médicaments vendus en pharmacie. Si rien ne marche pour vous, tant pis. Vous resterez seul avec votre souffrance.”Qui se charge de redonner de l’espoir aux patients ? De les rassurer ? De les soutenir pour se remettre en route ? Qui se dévoue pour tenter une piste thérapeutique alternative ?

article tiré du magazine santé naturel